À compter du 1er janvier 2027, une nouvelle réglementation européenne s'appliquera aux pompes à chaleur monoblocs. Les nouveaux appareils d'une puissance nominale maximale de 50 kW ne pourront alors être commercialisés que si le fluide frigorigène utilisé présente un potentiel de réchauffement global (PRG) inférieur à 150. Les fluides frigorigènes HFC classiques – des gaz réfrigérants synthétiques composés de carbone, de fluor et d'hydrogène – tels que le R32 et le R410A disparaîtront ainsi de ce segment de marché. Il est frappant de constater que le secteur, qui a pris une longueur d'avance depuis un certain temps déjà, opte presque à l'unanimité pour le R290, bien que la réglementation autorise plusieurs fluides frigorigènes alternatifs.
La nouvelle réglementation européenne relative aux pompes à chaleur monoblocs découle du règlement européen sur les gaz fluorés, entré en vigueur le 11 mars 2024 et qui impose, de manière progressive sur plusieurs années, diverses interdictions visant à limiter l’utilisation des fluides frigorigènes HFC. En effet, même si ces fluides frigorigènes n’ont pas d’impact sur la couche d’ozone, certaines variantes présentent un PRG particulièrement élevé. En d’autres termes, ils contribuent fortement au réchauffement climatique. Ainsi, le PRG du R410A est supérieur à 2 000 et celui du R32 avoisine les 675. À titre de comparaison : le R290, également connu sous le nom de propane, a un PRG de seulement 3.
Les pompes à chaleur monoblocs seront donc soumises, à partir du 1er janvier de l'année prochaine, à une limite claire en matière de PRG. Cette obligation ne s'applique toutefois pas à toutes les pompes à chaleur monoblocs. La nouvelle réglementation ne vise que les nouveaux appareils d’une puissance nominale inférieure ou égale à 50 kW.
À partir de l’année prochaine, ceux-ci ne pourront être commercialisés qu’avec un fluide frigorigène dont le PRG est inférieur à 150. Le règlement prévoit une exception limitée uniquement lorsque les consignes de sécurité rendent impossible l’utilisation d’un fluide frigorigène présentant un PRG plus faible.
Les installations existantes équipées de pompes à chaleur monoblocs d'une puissance nominale inférieure ou égale à 50 kW ne sont donc pas concernées. Ces pompes à chaleur peuvent continuer à être utilisées et leur entretien reste possible, bien que dans des conditions de plus en plus strictes.

En théorie, il existe plusieurs fluides frigorigènes dont le PRG est suffisamment faible – y compris certains HFC. Pourtant, anticipant la réglementation à venir, la quasi-totalité des grands fabricants de pompes à chaleur optent aujourd’hui pour le R290 pour leurs pompes à chaleur monoblocs jusqu’à 50 kW – et, dans une moindre mesure, déjà pour leurs pompes à chaleur split et leurs modèles de plus grande puissance. Plusieurs raisons expliquent ce choix.
Tout d’abord, le R290 respecte largement la limite actuelle de PRG. Comme déjà mentionné, ce fluide frigorigène présente un PRG de 3. Il reste ainsi conforme à d’éventuels renforcements futurs de la réglementation. Les fabricants évitent ainsi de devoir repenser l’ensemble de leur gamme de produits d’ici quelques années. De plus, le propane offre d’excellentes propriétés thermodynamiques ; les pompes à chaleur au R290 atteignent des températures de départ relativement élevées sans pertes d’efficacité majeures. Elles se prêtent donc non seulement aux constructions neuves, mais aussi aux rénovations où les radiateurs existants sont conservés. Parallèlement, les rendements saisonniers restent élevés, ce qui profite tant aux performances énergétiques qu’aux coûts d’exploitation. Enfin, le R290 est aujourd’hui largement disponible.

Le passage au propane implique de nouveaux points à prendre en compte. En effet, le R290 appartient à la classe de sécurité A3, ce qui signifie que ce fluide frigorigène présente, tout comme les HFC, une faible toxicité, mais qu’il est, contrairement à ces derniers, hautement inflammable. De ce fait, des réglementations plus strictes s’appliquent en matière de conception, d’installation, d’entretien et de réparations. Des aspects tels que la charge maximale de réfrigérant, l’emplacement de l’installation, la ventilation et la présence de sources d’inflammation potentielles revêtent désormais une importance bien plus grande qu’auparavant.La formation des installateurs évolue en ce sens : la nouvelle réglementation européenne introduit des exigences de certification plus étendues pour les techniciens travaillant avec des réfrigérants alternatifs, dont le propane.

Le règlement sur les gaz F ne se limite d’ailleurs pas à l’interdiction des produits. Il réduit également de manière systématique la quantité de fluides frigorigènes HFC que les fabricants et les importateurs sont autorisés à mettre sur le marché européen via le système dit de quotas HFC. Les HFC deviennent ainsi plus rares et plus sensibles aux hausses de prix. À partir de 2026, les fabricants et les importateurs devront en outre s’acquitter d’une redevance de 3 euros par tonne d’équivalent CO2 pour l’attribution de ces quotas. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une taxe directe pour les installateurs ou les utilisateurs finaux, cette mesure pourrait toutefois faire grimper encore davantage le prix de marché des fluides frigorigènes HFC. Le passage à des fluides frigorigènes alternatifs constitue donc non seulement un choix écologique, mais aussi un choix économique et stratégique. Outre l’imposition de l’interdiction des produits et la promotion de l’élimination progressive des HFC via le système européen de quotas, le règlement sur les gaz fluorés renforce également les obligations en matière, entre autres, de documentation, de contrôle des fuites et de récupération.

En résumé, la nouvelle réglementation européenne relative aux pompes à chaleur monoblocs et le règlement sur les gaz F dans lequel elle s’inscrit vont profondément transformer le marché des pompes à chaleur. Alors que l’on pourrait s’attendre à ce que le débat porte principalement sur la question de savoir quelle alternative aux fluides frigorigènes HFC deviendra la norme – l’Europe n’imposant en effet qu’une limite maximale de PRG et laissant ainsi la place à différentes alternatives –, cette question semble aujourd’hui en grande partie résolue : le R290 s’impose comme la nouvelle norme pour les pompes à chaleur résidentielles et devrait également jouer un rôle de plus en plus important dans d’autres classes de puissance. Le débat à venir s’inscrit dans cette continuité et portera sur la manière dont les installateurs peuvent utiliser le R290 en toute sécurité, efficacement et conformément à la réglementation en vigueur.
Presque tous les grands fabricants de pompes à chaleur, anticipant la réglementation à venir, optent aujourd’hui pour le R290 pour leurs pompes à chaleur monobloc d’une puissance maximale de 50 kW.