La transition énergétique contraint les installateurs et les bureaux d'études à repenser les installations électriques. Les architectures hybrides AC/DC (courant alternatif / courant continu) permettent d'optimiser l'efficacité de l'énergie produite localement afin de répondre aux contraintes actuelles. Néanmoins, la maîtrise technique nécessaire pour concevoir et gérer de tels systèmes s'avère tout aussi déterminante. Un podcast d’Installation & Construction expose les enjeux.
Les données économiques confirment que l'électrification du tissu industriel s'accélère nettement. Les processus de production se verdissent, les flottes d'entreprises migrent vers l'électrique, et les investissements dans les panneaux photovoltaïques, les batteries et les infrastructures de recharge se multiplient. Cette dynamique heurte de plein fouet la capacité disponible du réseau, faisant de la congestion électrique un véritable risque macroéconomique.
Charlène Collin, conseillère Énergie-Climat chez AKT, souligne : « Il ne faut pas oublier que la consommation d’électricité est appelée à doubler d’ici à 2050 ; développer le réseau est donc indispensable. Le renforcement du réseau reste donc la colonne vertébrale : une demande industrielle massive et concentrée ne peut être couverte que par une infrastructure structurelle. »
L'énergie s'impose comme un arbitrage strictement financier et opérationnel. Au-delà des volumes consommés, les paramètres déterminants deviennent désormais les plages de consommation, les sites de production et les capacités de stockage local.
« La flexibilité est une réponse transitoire et complémentaire », précise Charlène Collin. « Elle permet d'exploiter au mieux la capacité existante pendant que l'on construit de nouvelles infrastructures, comme la Boucle du Hainaut, ce qui prend des années. Le vrai risque serait d’utiliser la flexibilité comme prétexte pour reporter les investissements dans le réseau, ce qui constituerait une erreur de séquençage. »
Sur le plan technique, cette mutation modifie en profondeur la structure des installations. « Nous avons longtemps fonctionné dans un paradigme où le courant alternatif (AC) constituait la norme industrielle », explique Brice Thomas, spécialiste chez Schneider Electric. Or, la majorité des composants énergétiques récents fonctionnent nativement en courant continu (DC) : panneaux solaires, batteries de stockage, véhicules électriques, infrastructures IT et électroniques de puissance.
Dans une configuration classique, l'énergie subit de multiples conversions successives entre AC et DC, générant des pertes de rendement, des dissipations thermiques et un surcoût d'équipements. « L'architecture hybride AC/DC rationalise cette gestion. Le courant alternatif ne disparaît pas : l'AC est conservé là où il demeure techniquement optimal, tandis qu'une couche DC est intégrée là où la production, le stockage et la consommation peuvent être interconnectés directement en courant continu », poursuit Brice Thomas. « Ce modèle devient particulièrement pertinent pour les sites industriels ou tertiaires dotés d'un mix d'actifs solaires, de batteries, de bornes de recharge et d'infrastructures numériques. »

Cette évolution redéfinit le rôle des installateurs et des ingénieurs conseils sur le terrain. L'installation électrique cesse d'être un simple assemblage d'équipements indépendants pour devenir un système énergétique intégré. L'intervenant évolue ainsi vers un rôle d'intégrateur de systèmes ou d'architecte énergétique, capable de piloter les flux croisés entre production, stockage, recharge et consommation.La montée en compétences devient dès lors la condition essentielle de cette transition. « En tant qu'acteur majeur du marché, Schneider Electric intensifie ses programmes de formation, notamment via la création d'un cursus d'introduction en ligne dédié aux architectures AC/DC », conclut Brice Thomas. « L'objectif n'est pas de systématiser le courant continu dans chaque projet, mais d'intégrer l'analyse globale des flux énergétiques dès la phase de conception. » Les choix d'ingénierie arrêtés aujourd'hui détermineront pour plusieurs décennies la flexibilité d'un bâtiment ou d'un site industriel face aux mutations du marché de l'énergie.
pour les sites industriels dotés d'un mix d'actifs solaires, de batteries, de bornes de recharge et d'infrastructures numériques. »
Si tel est le cas, veuillez contacter Schneider Electric.
Prendre contact