Pairi Daiza, le vaste parc animalier et jardin botanique situé à Brugelette (Hainaut), a inauguré début février Edenya, un univers tropical entièrement couvert de quelque 40 000 m² où faune, flore et expérience immersive ne font qu’un. Un projet de prestige absolu puisqu’il s’agit de la plus grande serre tropicale au monde. Cette impressionnante structure verrière impose naturellement des exigences élevées en matière de régulation thermique. La distribution de l’air traité thermiquement y est assurée par des gaines textiles fournies par Prihoda.
Conçu par Pascal De Beck, architecte en chef de Pairi Daiza, Edenya abrite un paysage intérieur minutieusement élaboré, composé de zones climatiques qui se chevauchent harmonieusement. Sous une seule et même verrière, la faune et la flore tropicales bénéficient chacune de leur propre microclimat, avec des exigences spécifiques en matière de température et de circulation d’air. La réalisation de cette vaste structure en verre et en acier – ainsi que de tout ce qu’elle renferme – a nécessité près de trois ans et demi de travaux. L’ouverture d’Edenya a bénéficié d’une large couverture médiatique. L’épine dorsale technique du projet est toutefois restée largement dans l’ombre. Pourtant, cette infrastructure joue un rôle déterminant dans l’expérience des visiteurs ainsi que dans le bien-être des animaux et des plantes. Une distribution d’air soigneusement étudiée est notamment essentielle pour maintenir la température de la serre à un niveau constant.
Pour assurer cette distribution d’air, Pairi Daiza a fait appel à Prihoda, qui a fourni des gaines textiles permettant une diffusion contrôlée et homogène des flux d’air. Un élément loin d’être anodin : dans un environnement où plusieurs zones climatiques coexistent, la qualité de la distribution de l’air fait la différence entre un écosystème stable et une installation difficile à maîtriser.
« Après avoir déjà réalisé une étude préliminaire succincte sur la distribution d’air pour le bureau d’études TPF de Bruxelles, mandaté par Pairi Daiza, nous avons été contactés par Imtech Naninne, à Namur, qui avait remporté l’appel d’offres pour l’installation des techniques spéciales, afin de fournir les gaines textiles », explique Gaëton Vanpoucke, Sales Manager chez Prihoda. « Ce n’est pas un hasard si Imtech Naninne s’est tourné vers nous. Nous avions déjà collaboré sur plusieurs projets, notamment pour la KU Leuven et Puratos. Compte tenu de l’ampleur du projet, la phase de préparation s’est étalée sur plusieurs années. »
Le cahier des charges était clair : les gaines textiles devaient contribuer à maintenir une température constante de 20 °C dans l’ensemble de la serre. « Cela paraît simple, mais c’est particulièrement complexe dans une serre », souligne Gaëton Vanpoucke. « Le coefficient U de la structure vitrée est relativement élevé, ce qui engendre d’importantes pertes thermiques. Si l’on ajoute à cela la surface gigantesque du bâtiment et le fait que nous devions tenir compte de températures extérieures pouvant descendre jusqu’à -2 °C, on mesure toute l’ampleur du défi. »
Le choix des gaines textiles n’est pas le fruit du hasard. « Leur faible poids a été déterminant », poursuit Gaëton Vanpoucke. « Nos gaines ne pèsent que 460 g/m². Avec des diamètres supérieurs à 1000 mm et une hauteur d’installation de 18 m, comme c’était le cas ici, cela fait une énorme différence. Les gaines textiles offrent également une grande flexibilité dans la diffusion de l’air. Nous déterminons nous-mêmes l’emplacement des jets ou des buses de soufflage. Cela nous permet de cibler certaines zones ou, au contraire, de les éviter. De plus, les gaines sont livrées entièrement préfabriquées, sans travaux complémentaires sur chantier. »
Le bureau d’études assurait la direction du projet, mais la traduction technique revenait à Prihoda. « Nous avons continuellement ajusté les solutions en fonction des contraintes pratiques, en concertation avec Imtech Naninne. Une étape cruciale du processus a été l’étude de dynamique des fluides numérique (CFD – Computational Fluid Dynamics). Celle-ci nous a permis de définir le schéma de perforation. Nous analysons alors différents paramètres tels que la pression disponible, le ΔT, le débit d’air et la portée souhaitée, mais aussi des facteurs externes comme les surfaces vitrées, les bâtiments et le relief présents dans la serre. »

« Nous avons utilisé des jets de 20 cm, nettement plus grands que nos modèles standard. Cela était nécessaire pour obtenir le niveau d’induction requis. Les jets ont été placés à des endroits stratégiques et nous avons adapté les entraxes habituels, notamment afin d’éviter certaines structures. »
Selon Gaëton Vanpoucke, les gaines textiles installées par Prihoda se distinguent principalement des systèmes concurrents sur deux points. « Toutes les gaines textiles ont été suspendues à l’aide d’un système de suspension simple. Pour des gaines de plus de 1000 mm de diamètre, c’est véritablement unique. Par ailleurs, le tissu utilisé est en fibre de verre plutôt qu’en coton, ce qui permet aux gaines de résister à des températures plus élevées. Cette fibre de verre améliore également leur durabilité, tout comme le double revêtement en polyuréthane appliqué en finition. »
L’installation traite des débits d’air considérables. « Dans la serre, environ 900 000 m³/h d’air sont distribués. Malgré cela, la solution reste très efficace. Grâce à un dimensionnement ciblé et à l’utilisation des bonnes techniques de diffusion, nous réalisons des économies de 30 à 40 % par rapport à des réseaux de gaines traditionnels. »
La pose des gaines textiles, représentant au total près d’un kilomètre de réseau, n’a pas été exempte de défis. « Travailler à 18 mètres de hauteur exige une expertise spécifique. Des cordistes ont donc été mobilisés. Au final, nous avons achevé l’installation en trois semaines. » Les gaines textiles nécessitent un entretien périodique mais maîtrisable. « Dans ce type d’application, nous recommandons un nettoyage tous les deux ans », précise Gaëton Vanpoucke.
Sans surprise, ce projet figure parmi les plus importants réalisés par Prihoda l’année dernière, période durant laquelle les gaines ont été installées. « En termes de complexité et d’envergure, ce projet figure dans notre top 5 de l’année 2025 », indique le Sales Manager. Il conclut en soulignant la dimension collective du projet : « Il s’agit d’une véritable performance d’équipe. Tant notre équipe Prihoda en Belgique que l’équipe de production en République tchèque ont investi du temps et leur expertise afin de faire de ce projet une référence qui dépasse largement nos frontières. »