Plus d’automatisation, des systèmes énergétiques plus importants et un besoin accru de spécialisation
L’année 2025 a apporté plus de remous qu’il n’y paraît à première vue. Derrière les chiffres et la baisse des permis de construire, une évolution technologique, réglementaire et sociétale s’est opérée. L’installateur l’a senti sur le terrain, le fabricant dans le développement de ses produits et le client dans son portefeuille.
Dans le cadre d’un entretien dans le podcast Installatie & Bouw, Vincent Vancaeyzeele, team manager Technologie & Innovatie chez Techlink, également administrateur chez ODE Vlaanderen et gérant de TechnoFin, analyse les tendances majeures — et la manière dont elles se poursuivront en 2026.
L’impulsion politique en faveur de l’électrification s’est clairement fait sentir. L’augmentation de la TVA sur les chaudières au gaz en rénovation, de 6 à 21 %, a donné un nouvel élan à la sortie progressive des installations fossiles.
Sur le plan technique, Vancaeyzeele observe surtout un grand changement dans la phase de conception.
« On accorde beaucoup plus d’attention aux calculs corrects de déperditions thermiques et à l’élaboration hydraulique des schémas. Le secteur comprend qu’un bon design en amont évite de nombreux problèmes en aval. La complexité augmente et, avec elle, la nécessité d’une expertise plus approfondie. »
Le confort reste important, mais en 2025, la sensibilité au prix a de nouveau dominé les préoccupations des clients — tant résidentiels que professionnels. La baisse des permis et les coûts élevés de construction se font sentir.
En outre, la charge administrative des installateurs a augmenté. L’entretien périodique des chaudières au mazout et au gaz doit non seulement être effectué mais désormais aussi officiellement enregistré.
« Les installateurs doivent expliquer ce travail supplémentaire et le coût associé aux clients. Cela demande du temps et de la communication, deux ressources déjà limitées. »
Selon Vancaeyzeele, l’intelligence artificielle a surtout explosé en coulisses en 2025. Les fabricants et distributeurs ont fait de grands progrès en logiciels de conception et en mesures automatiques via technologies de caméra.
Mais la véritable percée sur chantier se fait encore attendre.
« Il y a une certaine frilosité. L’IA fonctionne très bien dans des conditions idéales, mais les utilisateurs finaux attendent la perfection. Construire un prototype est une chose ; proposer un produit final robuste, fiable et résistant aux erreurs demande du temps et beaucoup de tests. »
Il ne prévoit donc pas que les installations auto-apprenantes deviennent mainstream en 2026.
Là où l’IA cherche encore ses marques, le stockage d’énergie évolue plus vite. Les batteries ont connu de nouvelles baisses de prix importantes, permettant d’installer des systèmes plus grands, tant en résidentiel qu’en tertiaire.
Pour les pompes à chaleur, la courbe de chauffe reste la base du pilotage.
« Des régulations ultra-intelligentes sont parfois annoncées, mais dans la pratique, la régulation classique reste la plus robuste », explique Vancaeyzeele.
Dans les grands bâtiments, il constate une hausse nette de la demande pour les BACS (Building Automation and Control Systems) — des systèmes intégrant chauffage, refroidissement, ventilation, éclairage et monitoring énergétique. « C’est là que se situeront les grandes opportunités en 2026. »
Selon Vancaeyzeele, c’est dans le secteur électrique que les plus grands changements sont attendus.
« Nous sommes au début d’une nouvelle génération de disjoncteurs avec monitoring énergétique intégré. Ils seront massivement annoncés en 2026 et deviendront la nouvelle norme. »
Ce type de disjoncteur mesure directement la consommation d’une pompe à chaleur, d’une cuisinière ou d’autres gros consommateurs, et permet plus tard une gestion intelligente.
« C’est une étape cruciale vers une véritable gestion énergétique dans les habitations. »
La demande en profils techniques explose, mais l’afflux de nouveaux talents ne suit pas. Tous les sous-secteurs puisent dans le même vivier : sanitaire, électricité, HVAC, PV, batteries — voire la Défense.
Selon Vancaeyzeele, le secteur évoluera vers des équipes multidisciplinaires plutôt que vers un seul profil “couteau suisse”.
« L’électrification renforce le besoin de collaboration. Deux installateurs HVAC et un électrotechnicien : voilà le modèle du futur. »
Techlink continue d’investir fortement dans la nouvelle génération via des initiatives telles que Install Skills (Flandre orientale et occidentale), le concours francophone Concours du Meilleur Élève Chauffagiste, et l’Install Tomorrow Experience Day, durant lequel quelque 2 000 élèves visitent Walibi pour participer à des ateliers techniques pratiques.
« Nous devons donner envie aux jeunes de se tourner vers la technique, » conclut Vancaeyzeele. « Ce sont des métiers en pénurie, mais avec d’énormes perspectives d’avenir. »
La version intégrale du podcast (en néerlandais) est disponible ici.