Software pour le secteur de l’installation
Le secteur de l’installation est sous pression depuis des années : il est difficile de trouver des professionnels qualifiés, les délais sont de plus en plus courts, la réglementation de plus en plus stricte, les techniques de plus en plus complexes et les donneurs d’ordre et clients finaux de plus en plus exigeants. Dans ce contexte tendu, le besoin en logiciels se fait de plus en plus sentir, ceux-ci devenant ainsi un élément structurant du processus d’installation. Les installateurs et les bureaux d’études qui ne prennent pas conscience de cette évolution risquent bientôt de se retrouver à la traîne.
Par le passé, les installateurs et les bureaux d’études travaillaient avec une mosaïque de programmes informatiques : Excel pour les devis, AutoCAD pour les plans, ERP pour la facturation… Dire que cela ne favorisait pas l’efficacité est un euphémisme. Souvent, des informations précieuses étaient perdues ou saisies deux fois en raison de l’utilisation de logiciels disparates, ce qui entraînait des erreurs et des pertes de temps.
Cependant, peu de domaines innovent aussi rapidement que celui des logiciels. Depuis quelques années, on observe dans le secteur de l’installation une transition vers des flux de travail numériques intégrés : des plateformes logicielles modernes relient les devis, l’ingénierie, l’exécution et le suivi dans un flux d’informations continu. Les informations techniques circulent ainsi tout au long du processus d’installation, sans perte due à l’interprétation ni transfert manuel. Cette transition numérique conduit donc à une plus grande transparence, réduit la marge d’erreur et accélère le délai d’exécution des projets.
Les outils destinés à la modélisation des informations du bâtiment (ou BIM) et à la conception paramétrique jouent un rôle crucial dans le secteur de l’installation. Le BIM est une méthode de travail numérique dans laquelle tous les partenaires impliqués dans un projet de construction collaborent autour d’un modèle 3D intelligent qui contient non seulement la géométrie du bâtiment, mais aussi toutes les informations pertinentes sur les matériaux, les techniques, le planning et les coûts. La conception paramétrique est quant à elle une méthode qui utilise des paramètres et des règles ajustables qui modifient le concept lorsqu’ils sont modifiés. Le BIM et la conception paramétrique permettent de modéliser les plans techniques de manière entièrement numérique et sans erreur, de détecter les conflits entre les techniques ou entre les techniques et la structure brute dès la phase de conception et de tester les installations avant même leur mise en œuvre. De nos jours, les logiciels BIM et de conception paramétrique peuvent également interagir facilement avec les programmes récents de calcul et de devis. Ces derniers ont eux aussi considérablement évolué par rapport à leurs prédécesseurs d’il y a une dizaine d’années. Ils récupèrent ainsi en temps réel les mises à jour des prix des produits auprès des fournisseurs, associent automatiquement les fiches techniques aux composants et disposent de modèles standardisés qui uniformisent et accélèrent le processus d’établissement de devis.
Tous les logiciels mentionnés sont à leur tour connectés à des applications mobiles qui facilitent leur utilisation. Alors qu’auparavant, les techniciens devaient passer des appels téléphoniques pour demander où un appareil devait être installé, ils peuvent désormais consulter le modèle 3D avec tous les points de raccordement et de fixation sur leur smartphone ou leur tablette. Les applications mobiles enregistrent également les heures de travail et l’utilisation du matériel sur place et clôturent numériquement les bons de travail. Il en résulte logiquement moins de paperasse et une phase de chantier plus courte.

La combinaison d’outils de planification, de systèmes de suivi et de logiciels de gestion des stocks fait également la différence aujourd’hui dans le secteur de l’installation. Ces outils contribuent à garder le contrôle sur le processus logistique et permettent aux installateurs de travailler en flux tendu. Exemple : lorsqu’un technicien scanne le matériel qu’il sort du camion de livraison, le logiciel ajuste automatiquement le stock et passe éventuellement une nouvelle commande.
Cependant, le rôle des logiciels dans le secteur de l’installation ne s’arrête pas à la livraison d’un projet. Les outils de monitoring collectent des données sur les performances des installations, signalent les anomalies et utilisent ces données pour intervenir avant qu’un problème ne survienne, ce qu’on appelle la maintenance prédictive plutôt que réactive. Dans les environnements industriels en particulier, ce type de logiciel vaut son pesant d’or. Et lorsqu’une intervention s’avère malgré tout nécessaire, le logiciel de gestion de services aide les équipes de maintenance à planifier efficacement leurs interventions, à fournir le matériel en temps voulu et à informer les clients de manière proactive. Là encore, les applications mobiles sont devenues indispensables : les techniciens y consultent des checklists numériques, y notent les résultats des mesures et y finalisent immédiatement leurs rapports sous forme digitale, y compris la signature du client.
Dans le secteur de l’installation, les logiciels sont également un catalyseur pour la préfabrication. Alors qu’auparavant, tout était assemblé sur place, les installateurs optent désormais plus souvent pour des éléments préfabriqués qui, grâce à des programmes informatiques modernes, sont préassemblés au millimètre près en atelier, y compris les points de raccordement et de fixation. Cela est rendu possible par l’interconnexion des outils de conception.
Heureusement, les développeurs de logiciels sont aujourd’hui plus conscients qu’auparavant que leurs programmes ne doivent plus être accessibles uniquement aux grands acteurs, mais aussi aux petits installateurs. Des interfaces conviviales, une assistance dans leur langue et des applications mobiles facilitent la prise en main sans connaissances informatiques approfondies, tandis que les modèles cloud et les formules d’abonnement permettent aux petits installateurs d’utiliser des progiciels sans investissement lourd. De nombreuses solutions logicielles proposent également des offres de croissance par étapes. Les entreprises peuvent commencer modestement, par exemple avec des modules de calcul ou de planification, puis élargir leur utilisation à davantage de
modules intégrés.
Cette accessibilité accrue ne signifie toutefois pas que la formation aux logiciels spécifiques n’est plus nécessaire. Elle reste au moins aussi importante que le logiciel lui-même. Les installateurs et autres acteurs impliqués dans un processus d’installation – chefs de projet, dessinateurs et planificateurs de services – doivent en effet toujours saisir correctement les données dans le logiciel et interpréter les plans. Les entreprises qui mettent en œuvre des outils numériques doivent donc investir tout autant dans les compétences. Les logiciels impactent beaucoup le secteur de l’installation, mais affirmer qu’ils prennent le dessus est exagéré.
En résumé : d’accessoire, le logiciel devient de plus en plus un élément structurant du processus d’installation. Il permet en effet une meilleure maîtrise des projets – ce qui est appréciable au vu de la complexité croissante des techniques –, un gain de temps et une plus grande satisfaction des clients. La technologie reste toutefois un outil. Ce sont les personnes qui font réellement du numérique un levier pour plus d’efficacité. Il est toutefois évident que les installateurs et les bureaux d’études qui ignorent complètement le software – et ils sont nombreux, car la maturité numérique varie encore fortement d’une entreprise à l’autre ; certains travaillent avec des plateformes cloud intégrées, tandis que d’autres continuent à dessiner leurs plans au crayon – auront de plus en plus de mal à suivre le rythme.